Station de phyto-épuration

  TECHNIQUES :

Les eaux usées du village de Grand-Rozoy (Aisne) sont traitées grâce à un dispositif de bassins plantés de roseaux. Un procédé original qui permet de supprimer l'usage des produits chimiques et de réduire la consommation en électricité.

GRAND-ROZOY (02210)

La station de phytoépuration de Grand-Rozoy a été inaugurée en 2015. Elle possède une capacité totale de 400 équivalents/habitant et un volume maximal traité de 60 m3/jour. En juin 2018, environ 50% des abonnés sont raccordés sur le réseau de la station.


ARRIVÉE DES EAUX USÉES

Les eaux usées passent tout d'abord dans un panier de dégrillage pour filtrer les déchets les plus volumineux : un relevé a lieu tous les deux mois pour en retirer le surplus. Les eaux usées se déversent ensuite dans une cuve de 8m3 équipée de pompes d'assainissement. Un débitmètre permet de mesurer précisément les quantités d'eau qui arrivent.

LE CONSEIL DE L'EXPLOITANT
Il est important de sensibiliser la population afin d'éviter que les serviettes hygiéniques et d'autres tissus ne soient jeter dans les canalisations. Ces objets posent de graves problèmes en bouchant les pompes des stations d'épuration.


FONCTIONNEMENT DES BASSINS

Deux rangées de bassins étanches reçoivent ensuite les eaux usées grâce à un réseau de refoulement équipé de vannes automatiques (débit de 80m3/heure). Situés de part et d'autre du ru, ces bassins sont déconnectés du cours d'eau afin de préserver son intégrité. Ils sont alimentés en alternance à une fréquence variant en fonction des quantités d'eau à traiter.
Ces bassins sont remplis de plusieurs couches de substrats (sables, graviers et galets) et plantés de roseaux. Ces derniers ont la particularité de former un tissu racinaire qui évite le colmatage des bassins. Ils apportent de l'oxygène, servent de support aux bactéries assurant la dégradation de la matière organique et retiennent les matières en suspension.
L'eau atteint les trois premiers bassins dont le fond est recouvert de cailloux, de gravillons et d'un réseau de drains reliés à des cheminées garantissant la bonne aération du dispositif. 60 à 70% du traitement des eaux a lieu ici par filtrage, mais aussi grâce à la fonction épuratrice des roseaux et des bactéries se développant à proximité du système racinaire.

GARE AUX DÉBORDEMENTS !
Lors de sa première année de fonctionnement, la station a essuyé un problème de montée des eaux causé par des branchements intempestifs de sources dans la commune. La problème a été rapidement résolu en déconnectant les sources de la station.


LES ZONES HUMIDES COMME MODÈLE


Les filtres plantés de roseaux sont des systèmes épuratoires permettant une reconstitution contrôlée des phénomènes d'auto-épuration naturels observés dans les zones humides.
À Grand-Rozoy, l'espèce plantée est le roseau commun (Phragmites australis), une plante vivace robuste et très rustique pouvant atteindre 3 mètres de hauteur et formant un réseau de rhizomes se développant jusqu'à 60 cm de profondeur.
Cette espèce locale se développe naturellement dans les milieux riches en éléments nutritifs. Elle trouve donc des conditions propices à son développement dans les eaux usées de la station. Ses feuilles préservent la surface des filtres d'une éventuelle dessication estivale, protégeant ainsi les micro-organismes assurant l'épuration biologique de l'eau.
L'utilisation de ces roseaux permet donc de traiter les eaux le plus naturellement possible (aucun produit chimique n'est apporté aux bassins), d'alléger les infrastructures (un simple cabanon est présent sur le site), mais aussi de réduire la consommation d'énergie et les coûts de maintenance.
Les roseaux sont initialement plantés à raison de 4 plants par m2, mais leur développement permet rapidement d'obtenir une couverture presque totale des bassins. Les conditions climatiques influencent la croissance des roseaux qui sont faucardés une fois par an par une entreprise paysagiste.


TRAITEMENT ET ÉVACUATION DE L'EAU

Enfin, l'eau traitée est évacuée dans un massif d'infiltration drainant qui la renvoie épurée dans la nappe phréatique. Chaque année, quatre analyses des pollutions sont effectuées par l'entreprise exploitante en entrée  et en sortie de station, en plus de l'analyse officielle réalisée par les autorités compétentes. Cela permet de vérifier la conformité de ses performances avec la réglementation en vigueur. Les résultats sont très satisfaisants avec 98% d'abattement de la pollution tandis que la norme exige un minimum de 75%. De même, l'analyse des boues avant leur départ en station d'épandage est jusqu'à présent concluante.

Malgré un coût d'investissement non négligeable, les coûts d'entretien annuels de la station s'élèvent à seulement 11 000 €, ce qui comprend le faucardage des roseaux une fois par an.


ET POUR LES PARTICULIERS ?

D'après l'exploitant, ce dispositif n'est pas transférable directement aux particuliers en raison de la place qu'il nécessiterait, par comparaison aux techniques classiques. Toutefois, d'autres systèmes basés sur la phytoépuration existent pour une application domestique.



PUBLICATIONS

Des plantes couvre sol pour réduire l'utilisation des pesticides

Le lierre : un allié pour la végétalisation et la biodiversité

Aide à l’identification et au relevé des plantes de toitures

map
person_img

URCPIE de Picardie

Union Régionale des Centres Permanents d'Initiatives pour l'Environnement Tel : 03 23 80 03 02

Vous souhaitez valoriser une initiative sur votre territoire ? Vous avez une ressource à nous suggérer ou une date intéressante à partager ? N'hésitez pas à nous contacter !


Vous pouvez télécharger notre Fiche Initiative vous permettant de témoigner d'une expérience ou de décrire une action. Vous pourrez ensuite la joindre dans le formulaire de droite. Si vous joignez des images, mettez le tout dans un fichier archive ZIP. Merci !

CONTACT

© 2016 / URCPIE DE PICARDIE - Siège social : 32 route d'Amiens - 80480 DURY
Adresse de Correspondance : 33 rue des Victimes de Comportet - 02000 MERLIEUX-ET-FOUQUEROLLES / Tel : 03.23.80.03.02